Mardi 21 avril 2009
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Les
acteurs de la Commune, les "communeux" comme ils aimaient s'appeler, ne manquaient pas de lucidité :
"Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant les mêmes maux. Défiez-vous autant des
ambitieux que des parvenus [...] Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l'action [...] Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède
la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère."
Alors, "vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considéreront jamais comme vos maîtres."
"Le mandat confié à tout élu doit être un mandat impératif, c'est-à-dire précisant et limitant le pouvoir et la mission du mandataire."
"Un droit absolu en République, et permanent : celui de révocation de tous les mandataires par ceux-là seuls qui leur ont donné mandat."
" Le peuple est las des sauveurs, il entend dorénavant discuter leurs actes."
"Tous pour chacun, chacun pour tous."
Des conseils formulés il y a presque 130 ans.... !! De quoi pleurer ou ricaner... jaune.
Nous sommes un peu loin du compte dans la V° à la Sarkozy... Louis combien, dites-vous ?? (Pardon, je mélange tout : P'tit Louis, c'est pas lui, c'est l'un
des fils, le plus jeune... et, par-dessus le marché - hou, le vilain mot ! - "P'tit Louis", c'est un bouquin de Duneton à propos de Louis XIII... mais alors,
Richelieu ? où est Richelieu ? quel affreux pastis !)
Plus sérieusement : que pensez-vous des réflexions des "communeux" ?
Par Pamphile
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Samedi 18 avril 2009
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14:57
Je ne reconnais pas ma ville. Voilà plus de cinq minutes que je marche dans une ambiance de couvre-feu. En pleine journée !
Dans cette partie du boulevard, il n'y a jamais eu de boutiques ; ce sont les immeubles qui donnent l'impression d'avoir verrouillé à double tour leur porte d'entrée... Pas un gamin
sur le terre-plein central, pas un chat furetant la queue en l'air, pas un rat (encore heureux !). La réflexion ne parvient pas à me dérider. Impression étrange sous ce ciel hésitant. Celle de
traverser une ville fantôme. Ou encore, de parcourir une agglomération menacée d'un bombardement aérien imminent...
Au moment de la libération, ce devait être comme cela. Je me surprends à guetter un char allemand dans une rue transversale... je n'y vois que des bagnoles assoupies
le long des trottoirs (sevrées de pétrole ?). C'est ce qui me fait prendre conscience du silence ambiant. Pesant. Comme par temps de neige. Etrange, angoissant. L'expression "ville
morte" résonne dans ma tête.
Tout à coup, une trouée dans les nuages libère un rayon de soleil ; qui se réfléchit dans le lointain du boulevard en un point, puis deux, puis trois. Qu'y a-t-il là-bas ? C'est à ce
moment que se rapproche un bruit d'hélicoptère...
Ca y est : j'ai pigé ! Au fond du boulevard se trouve une rangée de casques-à-pointe, vous m'avez compris, de gardes-mobiles : quand ce ne sont pas leurs casques qui
miroitent, ce sont leurs boucliers. Et dans l'hélico, des gendarmes. La ville est en état de siège : monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa se protège du
peuple. Seuls, les encartés à l'Hum-Pe peuvent - pardon, doivent - l'entourer et l'applaudir, pareils à une vieille "claque" de théâtre !
Seules les fins de semaine nous évitent cette calamité car le kaporal est en week-end au Cap Nègre.
Vous parlez d'un "hyperactif"... !!
Par Pamphile
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Vendredi 17 avril 2009
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15:16
L'actualité met en avant Cerizay, les difficultés de l'entreprise Heuliez, son projet de voiture électrique. Voilà une opportunité qu'aurait pu
saisir ce gouvernement avec son ministre de l'industrie, Sarkozy ; en droite ligne du "Grenelle de l'environnement" de son ministre de l'écologie, Sarkozy : pousser un moteur qui ne crache pas
de CO2 (entre autres saloperies !). Pensez-donc, la tactique du moulin à paroles ne va pas jusqu'aux actes !
A Cerizay donc, en 1973, au début de juillet, fonctionnait la CSV COUSSEAU, une usine de confection de chemisiers. En novembre, l'année précédente, avait été déposée une revendication
de treizième mois. Le patron est soudain victime de bouchons de cérumen avec absence caractérisée de cure-oreilles. Les jeunes ouvrières, pas une n'a trente ans, décident deux
débrayages successifs d'une demi-heure chacun. Résultat nul ! Alors, elles optent pour diminuer le rendement. Cousseau met à pied la déléguée syndicale CFDT (rien que ça !) ; en
attendant de la licencier sous le motif de son incompétence. Raison cousue de fil blanc car 18 mois plus tôt, elle était proposée au poste de contremaîtresse. (depuis l'expression mauvaise foi
patronale est devenu un pléonasme !). L'Inspection du Travail refuse le licenciement. Les ouvrières (du moins 40 % d'entre elles) lancent une "grève productive" : en créant leur
propre atelier de confection à l'aide de leurs machines à coudre personnelles ; certaines d'entre elles sillonnent la région afin de trouver le tissu nécessaire. Les paysans-travailleurs
fournissent le local. Et voilà fabriqués les chemisiers "PIL" (pour "populaires inventés localement"). LIP à l'envers ! chemisiers qui sont échangés à l'extérieur plutôt que vendus.
Des débrayages de solidarité sont organisés dans la région par les unions locales CFDT des Deux-Sèvres (on y trouve les carrosseries HEULIEZ !). Les partis de gauche, les associations
catholiques, l'Evêque (!) expriment leur soutien. Les paysans-travailleurs proposent leurs denrées au prix fermier. La moitié des commerçants consent à placer des boîtes de collecte dans leur
boutique. Une délégation des fameux "LIP" est présente à l'un des meetings de soutien.
La lutte durera 6 mois. Les ouvrières savent maintenant confectionner un chemisier entièrement, et plus seulement par tâches parcellaires.
Sans chef et sans patron,
Vive les ouvrières,
Sans chef et sans patron,
Vive l'autogestion !
Le ministre du Travail de Pompidou contredit l'inspecteur du Travail : la déléguée syndicale est licenciée avec 17 autres grévistes accusées d'avoir séquestré le
patron (tiens, déjà...)
Partie remise, mes beaux messieurs... ?
Par Pamphile
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Jeudi 16 avril 2009
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15:03
En ces
temps de vindicte du kaporal élyséen contre les juges d'instruction, je tombe sur le livre du juge d'instruction de l'affaire ELF : Eva JOLY !
Incidemment, elle explique qu'un juge d'instruction ne peut travailler qu'en vertu d'un réquisitoire du procureur de la République ; que sa liberté d'action est contrôlé par le
parquet (soumis à l'autorité de la Chancellerie), que ce dernier peut faire annuler certains de ses actes.
Alors ? Pas suffisant le contrôle du pouvoir ?
C'est qu'il y a eu le précédent de l'affaire ELF !
A chaque fois qu'un magistrat s'approche du pouvoir...
"En faisant simplement mon métier, j'ai été menacée de mort ! J'ai avancé sous la surveillance des officines et des services secrets ; j'ai été
vilipendée et accusée des pires méfaits ; mon honneur attaqué, mon intégrité professionnelle mise en doute."
"L'affaire dont je suis saisie est financière et je découvre des méthodes inconcevables dans un pays démocratique."
Elle auditionne des hommes du monde des affaires et s'aperçoit qu'ils ont peur ! (ils ont reçu des coups de téléphone nocturnes, subi des cambriolages d'intimidation
où rien ne disparaît, été l'objet de menaces de mort directes !). Il apparaît que ces hommes et ces femmes, installés dans les beaux quartiers, sont pareils à des gangsters traqués par un gang. Et
cela pour s'assurer de leur silence. De surcroît, "ils craignent la police puisque leurs poursuivants y ont aussi des entrées (!). Leurs ennemis ont un pouvoir supérieur aux institutions" (!!).
"Nous demandons des comptes à des dirigeants dont l'univers est peuplé d'hommes politiques de premier plan, de figures de la finance dont quelques prédateurs de haut vol... "
(de "haut vol" ? est-ce à dire que la rapine est éléphantesque... ?)
"... C'est l'univers de l'action sans contrôle, là où seul compte le blanc-seing du prince et la loi du plus malin : pas vu, pas pris. La loi doit s'ajuster à leur comportement et non
l'inverse."
Auditions, interrogatoires : "ces hommes ont le revers de leur veste fleuri de la légion d'honneur ; le WHO'S WHO leur consacre de longues notices. La plupart ne peuvent cacher leur
morgue. Ils refusent de reconnaître l'évidence, parfois aussi simple qu'un versement d'argent suspect sur leur compte privé."
Les détournements personnels semblent avoir atteint des proportions inconnues "jusqu'à ce jour."
Eva JOLY porte un témoignage sur les moeurs des maîtres de la finance (profitant de jets privés et de multiples palaces) qui "disparaissent dans le silence ouaté des
conseils d'administration"...
"Nous utilisons le mot "corruption" ou de "délinquance financière". Je parlerais plutôt d'impunité."
"Un monde où cette impunité régnerait parmi les élites, où seuls les citoyens lambda auraient des devoirs."
Voilà comment ces hommes vivent !
"Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?", c'est le titre du bouquin d'Eva JOLY. Une juge d'instruction qui sans elle...
On voit trop bien ce que veut éviter Sarkozy !!!
Par Pamphile
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Mercredi 15 avril 2009
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10:15
Vous vous
souvenez forcément, au début du "règne", du kaporal élyséen citant sans vergogne le nom de JAURES ? Ce qui fit l'effet d'un missile à longue portée s'abattant dans la
crème fraîche.
Lui ? il connaîtrait les écrits de JAURES ? Ah, non, c'est Guaino... je me disais aussi... les gars de Neuilly se forcent à croire que c'est juste le nom d'une station du métro
parisien. Cela permet, par exemple, d'étouffer l'histoire de la verrerie ouvrière d'Albi, propriété de tout le prolétariat.
En 1896 donc, les ouvriers de la verrerie de Carmaux sortant d'une longue grève, voient deux des leurs licenciés pour "absence polongée de l'usine sans autorisation
patronale" (tel quel !). La grève repart de plus belle. Ils font appel à leur député, Jean JAURES. Quand, cinq jours plus tard, ils se résignent à reprendre le travail, ils se heurtent à un
"lock-out", la grève patronale en quelque sorte. "On ne reprendra aucun meneur" assène le patron, intraitable. La grève recommence.
En octobre, trois mois plus tard, JAURES interpelle le gouvernement pour obtenir un arbitrage. En vain. Devant l'intransigeance du patron, la toute récente CGT suggère
l'expropriation ; JAURES, lui, préfère la création d'une usine rivale : "Il faut que le grand patronat comprenne par un exemple décisif que s'il veut abuser de son pouvoir [...]
qu'il souffrira dans son intérêt industriel par la concurrence même de ceux qu'il voulait écraser."
Ce sera à Albi, sous la direction de maçons, que les ouvriers monteront eux-mêmes les murs de "leur usine". En dépit des souscriptions nationales, les ouvriers bâtisseurs ont à
peine de quoi vivre. Enfin, le 25 octobre 1896, le premier four est mis à feu.
"La "verrerie ouvrière" sera la propriété de tout le prolétariat français" déclare JAURES. En fait, celle de la Fédération du Livre, de la Fédération des chemins de fer, de
journalistes socialistes, de plusieurs coopératives parisiennes. Les actions ne peuvent appartenir qu'à des syndicats professionnels d'ouvriers ou à des
sociétés coopératives de production ou de consommation.
La verrerie réserve 60 % des bénéfices aux organisations ouvrières (détentrices du capital) et, aux verriers, seulement 40 %, répartis entre leur caisse de secours et
leur caisse de retraites. Les ouvriers restent des salariés. Par contre, ils dirigent l'entreprise en disposant d'une majorité des deux tiers au conseil d'administration.
C'est en 1931, que la verrerie se transforme en Coopérative ouvrière de production ; les verriers peuvent souscrire des parts et percevoir une participation aux
bénéfices.
Jusqu'en 1985...
Sur cette expérience d'entreprise industrielle, constituée et gérée en dehors du patronat, JAURES avait donné de nombreuses informations à ZOLA qui préparait son"Germinal".
N'est-ce pas 89 ans d'une belle histoire ? Où n'avaient aucune place 'bonus" et "parachutes dorés" !
Ce qui déplaît fort à Neuilly...
Par Pamphile
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