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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 17:03
   Dans la nuit du 17 au 18 mars 1971, le gouvernement de Thiers lance ses troupes pour récupérer les canons du siège de Paris que la Garde Nationale a confisqués de peur qu'ils soient livrés aux Prussiens. C'est un échec, la troupe fraternise souvent avec la Garde.
   Aussi, le 18, la riposte à l'agression a lieu spontanément. Des barricades sont dressées. Onze jours plus tard, Paris vote, résultat : du balcon de l'Hôtel de Ville est proclamée "la Commune".
   Le journal "Le cri du peuple" du 29 mars :
"Quelle journée
Ce soleil tiède et clair qui dore la gueule des canons, cette odeur de bouquets, le frisson des drapeaux, le murmure de cette révolution qui passe, tranquille et belle comme une rivière bleue, ces tressaillements, ces lueurs, ces fanfares de cuivre, ces reflets de bronze, ces flambées d'espoir, ce parfum d'honneur, il y a là de quoi griser d'orgueil et de joie l'armée victorieuse des républicains.
O grand Paris !
Lâches que nous étions, nous parlions déjà de te quitter et de nous éloigner de tes faubourgs qu'on croyait morts ! Pardon, patrie de l'honneur, cité du salut, bivouac de la Révolution !
Quoi qu'il arrive, dussions-nous être de nouveaux vaincus et mourir demain, notre génération est consolée ! Nous sommes payés de vingt ans de défaites et d'angoisses [...
Embrasse-moi, camarade, qui as comme moi les cheveux gris ! Et toi, marmot, qui joues aux billes derrière la barricade, viens que je t'embrasse aussi !
Le 18 mars te l'a sauvée belle, gamin ! Tu pouvais, comme nous grandir dans le brouillard, patauger dans la boue, rouler dans le sang, crever de honte, avoir l'indicible douleur des déshonorés !
C'est fini ! [...]
Fils des désespérés, tu seras un homme libre ! [...]
Il me semble qu'il n'est plus à moi, ce coeur qu'ont écorché tant de laides blessures, et que c'est l'âme même de la foule qui maintenant emplit et gonfle ma poitrine.
Oh ! il faudrait que la mort vînt me prendre, qu'une balle me tuât dans cet épanouissement de la résurrection."
                                                                              Jules VALLES

   Quel être, révulsé par l'injustice, pourrait être insensible à ce texte magnifique... ?
   Je n'ai pas le coeur à la satire...

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Published by Pamphile - dans politique
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commentaires

bridge 22/04/2009 17:02

Ah que c'est beau ! On en pleure de toute cette beauté régulièrement piétinée par les hordes de casques à pointe au service des vampires...
Mais il n'y a pas de doute, la beauté vaincra et ce moment n'est peut-être pas si éloigné...

Pamphile 25/04/2009 15:45


Vous aussi ? Ah, cela réconforte !
Continuons le combat...


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