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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 14:26

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AUX  P’TITS  CAMPEURS

 

 

            La salle s’éteint laissant le plateau dans le NOIR :

 

Voix de femme  – Merci, merci pour votre invitation.

 

Voix d’homme  – C’était bien sympathique.

 

Voix de femme  – Oh, comme vous l’avez bien agencé votre petit nid !

 

Voix de MARCELLE  – Petit… c’est le terme.

 

Voix de femme  – Un vrai petit cocon !

 

Voix de BERNARD  – C’est la forme qui veut ça…

 

Voix de MARCELLE  – Sûr que ce n’est pas une yourte.

 

Voix de BERNARD (amère)  – Pas non plus un chapiteau…

 

Voix d’homme  – Vous avez arrangé cela, Madame, avec beaucoup de goût !

 

Voix de MARCELLE  – Merci.

 

Voix de femme  – Ô, votre jardinière de géraniums… mirifique !!

 

Voix de MARCELLE  – Je dois la rentrer chaque soir à cause des bateaux pirates.

 

Voix de femme  – Je vous avais avertie : nous sommes au bord du canal…

 

Voix de BERNARD  – Ce doit être l’explication : les flibustiers d’eau douce.

 

Voix de MARCELLE  – Quoi ? Pas même des Vikings, ces détrousseurs des mers, ces grands blonds nattés ? Waouh… !

 

Voix de BERNARD  – Enfin, Marcelle, tiens-toi !

 

Voix de MARCELLE  – Je rigole, mon chéri…

 

Voix d’homme  – C’est vrai, de blaguer nous en avons bien besoin…

 

Voix de BERNARD  – Ca risque de causer des sourires pincés.

 

Voix de MARCELLE  – L’hiver dernier, vous étiez déjà là ?

 

Voix de femme  – Eh oui…

 

Voix d’homme  – Ne m’en parlez pas : la température a été au-dessous de tout !

 

Voix de BERNARD (navré)  - Au-dessous de zéro ?

 

Voix de femme  - Pire : nous avons eu jusqu’à moins dix !

 

Voix de MARCELLE (soudain inquiète)  - Vous vous chauffiez comment ?

 

Voix d’homme  - Au vin rouge.

 

Voix de BERNARD  - Oh ! votre grande demoiselle aussi… ?

 

Voix de femme  - Oui, enfin, à l’eau rougie.

 

Voix de BERNARD  - C’est moins efficace, non ?

 

Vois de femme  - Aussi cela nous a décidé à la mettre chez ma mère.

 

Voix de BERNARD (douloureuse)  - Tout comme nous !

 

Voix d’homme  - Vous nous auriez vus, boutonnés comme Russes en Russie !

 

Voix de MARCELLE  - Quelle épreuve…

 

Voix de femme  - Ne vous frappez pas, nous allons vers les beaux jours.

 

Voix de MARCELLE  - C’est ce que dit le calendrier mais il fait encore un peu frisquet.

 

Voix d’homme  - Vous vous habituerez.

 

Voix de femme  - Il est tard, nous allons prendre congé. Encore merci, mille fois merci !

 

Voix de MARCELLE  - Rentrez bien. Au revoir !

 

Voix de BERNARD  - Soyez prudents…

 

            Depuis la cour, l’éclairage latéral d’un réverbère « monte » révélant un couple (au jardin) faisant adieu de la main en direction de la coulisse. Lui est en survêtement, elle dans une sobre « tenue d’intérieur ». Derrière eux, sont alignées trois tentes tristounettes dans leur camaïeu de gris. La plus proche du jardin est éclairée intérieurement.

 

MARCELLE  - Oh, Bernard, à quelques habitations d’ici… (à la cantonade) : Au plaisir !

 

BERNARD  - Allez, au dodo !

 

MARCELLE  - Mais Bernard… et ton bain ?

 

BERNARD  - Tu veux dire mon tub… sommaire le bain ! Tes invités t’ont fait croire qu’on habitait encore un pavillon. (imitant la voix de la femme) : « Comme vous l’avez bien arrangé votre petit nid ! »

 

MARCELLE (vexée)  - J’ai fait de mon mieux.

 

BERNARD  - Marcelle, la question n’est pas là. Mais se laver dans la seule tente allumée à cent mètres à la ronde… autant afficher « Ici, strip-tease » !

 

MARCELLE  - Tout le monde dort !

 

BERNARD  - Et la patrouille ? Elle va me coffrer pour attentat à la pudeur.

 

MARCELLE  - Bon, bon, je n’ai rien dit.

 

BERNARD  - Et puis, tu as vu l’heure ? Je me lève demain, moi !

 

MARCELLE  - Ah, tu es charmant : me reprocher de ne pas avoir d’emploi… Sans compter que je me lève avec toi pour te préparer le petit déjeuner.

 

BERNARD  - Parlons-en, un petit déj’ sur le pouce !

 

MARCELLE  - Tu aimerais mieux le gros orteil ?

 

            Bernard en reste désarçonné. Et brusquement, il pouffe !

 

BERNARD  - Tu es impayable : on ne peut pas se fâcher avec toi. Je t’adore !

 

            Marcelle détourne la tête en haussant les épaules ; elle ne veut pas rendre les armes.

 

BERNARD (charmeur)  - Viens ma Biche, la nuit sera courte…

 

            Il la prend dans ses bras ; elle se laisse faire de mauvaise grâce. Au moment précis où ils vont s’embrasser… l’intérieur de la tente la plus proche s’allume :

 

OFF : voix d’alcolo-fumeur  - « Vos gueules les bourges !! »

 

            Ils en restent tétanisés.

            Une main sort de la tente voisine pour poser à l’extérieur une bouteille vide. La tente s’éteint.

 

NOIR

 

                                        J.Thibault, auteur par ailleurs de "Ô AUDIMAT..."  

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Published by Pamphile - dans écriture
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