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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 16:45

   Je recycle aujourd'hui un vieux texte de mon blog. Nostalgie ?

 

   Comment voulez-vous, autrement que par la satire ou l'ironie, évoquer l'actualité et ses pollutions en tous genres ? 

   Comme il est dommage que les petits hommes verts n'existent pas! A la première intrusion dans un quelconque de nos appartements, ils se seraient excité la curiosité sur la présence, presque dans chaque pièce, de cette morne boîte faite de plastique de couleur éteinte; elle est souvent tapie dans un angle mais a, par ailleurs, une furieuse tendance a devenir de plus en plus raplapla. Au point parfois de se retrouver pendue au mur telle une vulgaire croûte offerte par de bons amis.
   Mais, aussitôt que branchée, cette insignifiance monopolise les regards des quidams présents. Alors, dans la boîte miraculeuse défilent les forcenés de la joie, accompagnés - on me l'a certifié - par des rires enregistrés plus souvent qu'à leur tour.
   L'on m'a soufflé également qu'en coulisse, les animateurs sus-cités s'administrent des piqûres intraveineuses à l'enthousiasme systématique.
   Comment voulez-vous que le monde soit triste ?
   Et, de fait, il est parfaitement exact qu'à certaines heures de la journée, un zapping entêté ferait croire que, sur nombre de chaînes, la principale occupation des publics participants aux émissions télévisuelles, est l'applaudissement forcené. Notez qu'on m'a glissé dans l'oreille qu'il existe des panneaux préparés à l'avance - et surexploités - qui portent cette injonction définitive : "Applaudissez !" (point d'exclamation inclus). Ce pourrait être l'explication.
   C'est égal, souvenez-vous du Figaro de Beaumarchais : "En vérité, je ne sais comment je n'eus pas le plus grand succès, car j'avais rempli le parterre des plus excellents travailleurs; des mains... comme des battoirs; j'avais interdit les gants, les cannes, tout ce qui ne produit que des applaudissements sourds; et d'honneur, avant la pièce, le café m'avait paru dans les meilleurs dispositions pour moi."
   La claque, alors, on la payait ! Aujourd'hui, la prime se réduit à être vu dans la méchante vitrine... Quel gâchis ! Quelle foule de nombrils... bénévoles. Servitude volontaire ?
   A n'en pas douter, il y a, là encore, un exemple aveuglant de régression de la vie en société; je me trompe ?
   Mais comment le téléspectateur pourrait s'en apercevoir, tout au bonheur de licher sa bière pour ensuite aller la pissoter; puis reprendre le fil des évènements. C'est un exercice qui ne favorise guère la concentration.
   Et pourtant, la magique boîte évolue.
   Vous n'avez pas été sans remarquer qu'au fil des ans, les hommes-tronc, tout comme ceux en pied d'ailleurs, ont le vestimentaire qui s'amenuise : il y a belle lurette que les cravates encombrent les objets trouvés.
   Cela touche aussi la gente féminine et télévisuelle. Il y eut, paraît-il, un médiocre scandale à propos d'une robe remontée (très légèrement) au-dessus du genoux. C'était la préhistoire! Nous n'en sommes plus là à l'heure où la moindre chanteuse se cache, visiblement sans conviction aucune à en juger par le sourire aguichant, se cache derrière son string!
   La terre se réchauffe, il se pourrait que c'en soit la raison.
   Autre particularité de la vitrine infernale : le citoyen interrogé n'y termine jamais ses phrases. Jamais. Aussi, un conseil je vous en prie : si vous vous laissez interpeller, prenez grand votre souffle pour pérorer d'un seul trait. A la moindre prise de respiration, on vous coupe. Au suivant ! A croire qu'il y a un préposé aux virgules. C'est extrêmement malcommode pour exprimer sa pensée complexe...
   Il est vrai qu'en bonne logique, les questions ne doivent pas entraîner de réponse compliquée; sans doute cela s'explique-t-il par l'idée que se font les publicitaires du niveau intellectuel du public; les journalistes veillant à ce que le contenu des émissions reste au ras de celui des pubs. Hé, c'est que la soupe a tout du bouillon gras.
   Certains avancent que si la télévision avait existée en 1789, elle aurait réduit la révolution à un défilé de têtes au bout de piques. C'est probable. Vous êtes drôles, allez faire de l'image avec la constitution de 1793, la première constitution rendant égaux tous les voteurs.
   La supposition évoquée ci-dessus omet juste une chose, c'est que la population était alors en "état de choc". Non pas traumatisée, émotionnée, très affectée, ou bien choquée, ébranlée, bouleversée, ou encore profondément troublée, secouée, commotionnée, que sais-je. Non ! "en-état-de-choc", on vous dit. Formule répétée, rabâchée, vocabulaire atrophié: c'est qu'il doit falloir faire simple.
   D'aucuns disent que c'est là une manifestation du grand nombre. Il semble que cela soit très exagéré.

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Published by Pamphile - dans écriture
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commentaires

mocekx 28/12/2011 11:24

pauvreté du vocabulaire volontairement inculqué et très bel article

Pamphile 28/12/2011 17:26



Merci !



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