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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 17:46

4420693534_69319b5125.jpgIl en flotte encore quelques images précises dans nos mémoires.
Tour de France, tour de force, tour de farce disent certains, tour de magiciens escamotant la folle dope ?
Ecoutez donc la voix propagandiste du talentueux Antoine Blondin:
"Ces fenêtres sur Tour qui ne s'ouvrent que sur nous-mêmes plongent vers le passé, et si l'évènement ne s'applique pas à nous arracher à la douceur des réminiscences, nous aimons à nous accouder au balcon des légendes."
Qui peut se contenter de quotidienneté ?
"On ne repeuple pas la fameuse casse déserte sans convoquer la sihouette prestigieuse de Louison Bobet à travers le col de l'Izoard... Les ombres ennemies et fraternelles de Bartali et Coppi croisent encore dans l'ascension du Galibier... Ainsi, peu à peu, chaque détour de la route, chaque lacet de la montagne finissent par rappeler l'écho d'un exploit."
Dans ces phrases au style superbe, mon paternel m'avouait retrouver le souffle de l'épopée des Tours d'avant-guerre décrits par son propre père. Grandeur de l'homme qui se surpasse, sens de l'effort, ténacité, goût du risque.
"Il y a plus de teinture d'iode que de maillot jaune dans la panoplie du champion cycliste et le corps du coureur est un étrange et douloureux laboratoire".
Admiration sans limites pour ces "forçats de la route", consentants! Demi-dieux aux yeux de gamins... éternels.
"L'ivresse, avoue lui-même le suiveur, l'ivresse d'appartenir à un grand système qui vous dépasse". "La petite histoire que nous introduisons dans toute cette géographie est bien savoureuse". Déclaration d'amour. Déclaration d'amour pour cette formidable aventure, cette dramaturgie naturelle où, aux exploits surhumains répondent en écho les drames les plus poignants!
"Le plus grand cycliste sur route que la Grande-Bretagne ait connu est mort, hier soir, d'un coup de ce soleil où il s'était fait une place. Tom Simpson avait été champion du monde après avoir introduit la panique dans le cérémonial cycliste à force d'aller trop ardemment au-devant des dieux".
N'est-il pas transcendé notre misérable quatidien?
Aussi bien, qu'est-ce que ce dialogue incongru rapporté par Albert Londres, célèbre journaliste qui se vantait de "mettre le doigt sur la plaie":
"- Vous n'avez pas idée de ce qu'est le Tour de France, dit Henri (Pélissier); c'est un calvaire. Et encore, le chemin de croix n'avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze. Nous souffrons sur la route; mais voulez-vous voir comment nous marchons? Tenez...
De son sac, il sort une fiole.
- Ca, c'est de la cocaïne pour les yeux, et ça, du chloroforme pour les gencives...
- Ca, dit Ville (un autre coureur), vidant sa musette, c'est de la pommade pour ma réchauffer les genoux.
- Et des pilules? Voulez-vous voir des pilules?
Ils en sortent trois boîtes chacun.
- Bref, dit Francis (Pélissier), nous marchons à la dynamite." Invraisemblable! Ecoutez plutôt la musique du grand Blondin:
- "... je posais pour la première fois une main sur l'épaule d'un athlète en train de sangloter, un Grand de ce monde échoué aux lisières des champs; il est pourtant des soirs, comme ce soir, où je souhaiterais que tous les coureurs abandonnent, que les klaxons se taisent, que les journaux ne paraissent plus... le Prince est descendu dans la rue".
Je suis envahi d'une immense tristesse mais en même temps d'un intense besoin d'aimer; je me sens béatement heureux, sourd au monde extérieur. Loin, très loin de ces rumeurs de seringues, de calendriers de prises de substances mystérieuses, de soigneur pincé dans sa voiture au coffre bourré de provisions énigmatiques. Les coureurs professionnels n'ont pas le droit de se soigner peut-être?
Parler de produits de plus en plus "pointus", n'est-ce pas faire allusion, avec une certaine perversité, aux... aiguilles des soigneurs? Je suis écoeuré!
Et je ne suis pas seul, je suis des millions. Fidèles amassés au bord des routes, "une humanité chavirée d'héroïsme et de coups de soleil". Est-ce qu'on déglingue l'image du Père Noël au pied du sapin, le matin du 25 décembre... ?

 

(par une certain PAMPHILE qui n'avait pas encore écrit la satire "Ô AUDIMAT...")

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Published by Pamphile - dans actualité
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