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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 15:03
   "Je n'ai déjà plus de gloire... Il faut aller en Orient. Toutes les grandes gloires viennent de là." confesse le petit Bonaparte.
   Devant Fabien, le fan enamouré, le voisin un rien censeur soulève un sourcil :
   - Ah bon ? Il n'est déjà plus question de propager la République ? L'aveu, mes aïeux ! Il est tout nu le petit général. A poil !
   Rien d'un brave à trois poils, en tout cas, pour faire accepter au Directoire l'idée d'une expédition en Egypte. Quel homme, tout de même !
   - Ouais, fait le voisin. Le petit ambitieux veut marcher dans les traces des grands conquérants; il y aurait comme un égarement dans le casting ! ça tient du ratage de portrait robot...
   Quoiqu'il en soit, Bonaparte s'embarque avec une armée et une escorte de savants et d'artistes. Les voilà devant Aboukir où ils débarquent pour s'emparer d'Alexandrie. Quand les Mamelouks veulent les arrêter au pied des pyramides, Bonaparte fait former les carrés d'infanterie et remporte la bataille.
   - C'est là que les soldats galéjaient : "Les savants et le ânes au milieu !" ?
   Ces savants, s'enthousiasme Fabien, ils en ramèneront des monceaux de documentations et... la pierre de Rosette. Malheureusement, l'amiral Nelson a découvert le mouillage de la flotte française et la coule ! Prisonniers, les Français sont prisonniers de l'Egypte !
   - Quel aventurier hollywoodien, ce Petit-Léon...
   Et ce n'est pas tout : le Sultan déclare la guerre à la France et veut reconquérir l'Egypte.
   - Logique, non ? Et l'aventurier se déchaïne : que je te courre à Gaza, que je te terrasse Jaffa, que j'enlève le Mont-Thabor... mais à Saint-Jean-d'Acre, aïe, un os ! retraite... L'armée n'était pas un peu épuisée ? décimée doucettement par la peste ?
   C'est le lot des campagnes militaires. Hélas, ensuite il y a eu ce soulèvement général des Egyptiens...
   - J'ai lu ça : 2 500 victimes et une mosquée. C'est le lot des campagnes coloniales...
   Et puis, de France, des nouvelles inquiétantes lui parviennent. Il s'embarque subrepticement sur une frégate rescapée et parvient à traverser les lignes anglaises.
   - Alors là, minute : on a beau dire, on a beau s'esbaudir, il a déserté le petit monsieur. Il abandonne son armée au commandement de Kléber dans une situation sans issue. D'ailleurs, Kléber y perdra la vie et l'armée d'Egypte capitulera. Grosse réussite.
   Enfin, ce sont les aléas de la fortune ! Il n'en demeure pas moins qu'un bon bougre, aussi habité par l'esprit de famille, ne peut pas être foncièrement mauvais. Rendez-vous compte : il installe son frère Joseph sur le trône d'Espagne (les historiens notent : "Napoléon avait donné un nouveau visage à l'Europe")... On pourrait dire une flopée de nouveaux visages : le royaume de Hollande est attribué à son frère Louis ; pour Jérôme, autre frère, il crée le royaume de Westphalie ; Napoléon, lui, s'était donné le royaume d'Italie avec Venise et Milan (le vice-roi en était Eugène de Beauharnais, son beau-fils !) ; à Naples, il fait roi Murat son intrépide officier de cavalerie mais aussi son beau-frère, époux de Caroline Bonaparte ; et en Etrurie, c'est une autre soeur qu'il fait reine. Pas banal, non ? J'en connais qui peuvent bien aller se rhabiller.
   - Comme exemple de népotisme, le fait est, c'est grandiose ! Le mot qui vient de l'italien "nepote" signifie, non pas comme je l'ai cru longtemps, attribuer des avantages à ses potes, non, mais procurer emplois et privilèges à sa famille. Dans les cas présent, Petit-Léon aura confondu l'Europe avec une tarte aux pommes.
   N'importe. Je le dis comme je le pense : il ne méritait pas cet incroyable caveau de parvenu, ce sarcophage de porphyre dans la crypte des Invalides, que l'on fait visiter sans honte aux touristes !
   - Bien que...
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 15:13

   Cela l'a mis en joie, Fabien, l'annonce de l'exposition "Bonaparte et l'Egypte". Depuis il affiche une tête de réjoui définitif, une jubilation pétulante, une excitation inquiétante : son grand homme fait un comeback !
   Aussi, les bras lui en tombent en découvrant ce texte de Chateaubriand : "Les Français vont instinctivement au pouvoir. Ils aiment moins la Liberté que l'Egalité. Or Napoléon, roi populaire, fit asseoir le peuple avec lui... Et la vanité française se bouffit de la supériorité qu'il nous donna sur le reste de l'Europe".
   A cet instant, Fabien a frôlé la jaunisse.
   Tout de même, rejimbe-t-il, un type capable de se mettre à dos toute l'Europe, ce n'est pas une demi-portion !  Comme il projetait un débarquement en Angleterre, cette dernière entraîna contre lui et l'Autriche, et la Russie. Après la déculottée de Trafalgar, adieu le débarquement ; alors l'Empereur se rue (c'est le mot !) vers l'Est : Austerlitz, Russes et Autrichiens battus, la Prusse se joint à la coalition anti-française. Sitôt après la mésaventure espagnole - première défaite d'une armée napoléonienne - l'Autriche rejoint la coalition, encore une ! C'est pas trapu, ça, peut-être ? Et puis enfin, avoir réussi la plus affreuse boucherie du XIX° siècle n'est pas donné à n'importe qui. S'il l'a entreprise, c'est bien qu'il savait pouvoir compter sur l'Hôtel des Invalides, créé par Louis XIV pour le logement et la subsistance des soldats fortement esquintés.
   Nommé commandant en chef de la campagne d'Italie pour avoir maté la rébellion royaliste, il galvanise les hommes : "Soldats ! vous avez des combats à livrer, des villes à prendre ! Rentrés au village, vous pourrez dire : J'étais de l'armée d'Italie!"  Euphorique, Fabien lance : les soldats l'adorent, l'acclament ! C'est pas une preuve, ça, pour figurer au livre des records ?  Il faut lire les bulletins du "Courrier de l'Armée d'Italie" :
   "Il vole comme l'éclair... frappe comme la foudre... il est partout, il voit tout...vaste génie..."
   Un énorme éclat de rire douche soudain Fabien. Cette fois, ce n'est pas Chateaubriand mais le voisin de palier ; un garçon un peu déclassé, à la particule fatiguée, une sorte de Prince-sans-rire :
   - Ce n'est pas croyable : vous ne saviez pas qu'on disait dans l'armée "menteur comme un bulletin" ? On y tripatouillait les chiffres, on refaisait la bataille à son avantage. Et lui, Petit-Léon, il tartinait sa propagande. Faites-le-vous-mêmes ! Ca ne vous rappelle vraiment rien ?
   Dépité, Fabien rétorque : "N'empêche, ses soldats l'adoraient !"
   - Ben tiens, il les faisait "vivre sur la bête" : droit de force, invitation au pillage et... tutti quanti. C'est ce qu'il y a d'ennuyeux dans la marche forcée, l'impatience maladive, on laisse à la traîne des idéaux proclamés. D'abord bon jacobin... il en vient à créer une "République cisalpine"... contre les voeux du Directoire, son gouvernement. Dès son retour en France, il se confie : "Si je reste, je suis coulé sous peu. Tout s'use ici-bas. Je n'ai déjà plus de gloire. Cette petite Europe n'en fournit pas assez. Il faut aller en Orient. Toutes les grandes gloires viennent de là."
   Les yeux brûlants, Fabien murmure : "La gloire..."

                                                 A  SUIVRE  ...


 

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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 15:04
   Tourneboulé ! je suis soudain pris d'étourdissement, j'ai loupé  de peu la syncope... Enfin, le ciel était décidément serein, les lendemains lumineux, l'avenir, radieux, présentait des perspectives tout simplement mirobolantes. L'univers entier nous souriait. Béat.
   Le trader, tiré à quatre épingles, était encensé, admiré, jalousé, comblé d'honneurs, de respect... de pognon. Du gros et bon pognon !
   Le petit Président claironnait : "Une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas à l'avenir" et il souhaitait "un pays de propriétaires". A crédit.
   Cet autre prêchait, triomphant : "Oyez bonnes gens, gentes dames et beaux messieurs ! Oyez la mélodie enivrante du système d'entre les systèmes. Du nôtre ! Je n'y vois que des vertus dans ce libéralisme galopant..."
   Alors là, il y eut un craquement. Désagréable, le craquement.
   Et voilà le même sieur, pas son jumeau, pas son sosie, non, le même homme qui tout à l'heure se liquéfiait d'admiration, esquissant un sourire forcé : "La crise dites-vous ? Mais quelle crise, je ne vois pas..."
   A partir de cet instant, nous avons affaire à quelque chose qui ressemble à une vague de démentis, un moutonnement de dénégations qu'on dirait presque un modèle de réflexe conditionné (rien à voir avec l'érection de l'appareil pilo-sébacé communément appelé chair de poule, non !) Plutôt en ligne directe avec la comédie tchernobylesque : une frontière arrête inexorablement un nuage, serait-il radioactif.
   A partir de ce moment, on assiste à un évitement spectaculaire et têtu du terme "récession" (qui d'ailleurs rime avec contorsions) évoquant les plus beaux moments du slalom géant des jeux d'hiver.
   C'est à peu près à cet instant que se situe le deuxième craquement. D'origine sémantique nettement identifiable, la racine étant "krach", n'est-ce pas ?
   Livide, le sieur de tout à l'heure, le fervent libéral, se tourne vers l'Etat : "C'est très grave, c'est systémique ! (entendez : tout le système est en cause) Il faut nous aider !" Et l'écho lui répond, façon boomerang, par ses propres paroles passées : "Surtout n'intervenez pas, le marché se régule de lui-même, de lui-même !" Mais l'Etat ne perçoit pas l'écho.
   Personne ne dit que ces louangeurs du marché devraient exposer le cadavre des cupides, de ceux qui ont profité à fond du système, dans des tours à ciel ouvert livrées aux oiseaux de proie, à l'exemple des fidèles de Zarathoustra. Mais celui-là qui jure y réfléchir est de ces menteurs d'hiver qui prétendent qu'il ne fait pas froid quand il gèle ! La probité grelotte, hein ?
   Combien sommes-nous à être frappés de tournis ?
   Nous aurait-on... euh... comment écrivez-vous "entortillés" ?
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 15:25
  La crédulité publique est bien une pollution d'aujourd'hui, un ridicule d'actualité, non ? Que lui opposer sinon l'humour, que ce soit satire, ironie ou parodie ?

   C'est le temps des foires au vin qui fondent sur la ville comme aérolithe sur notre planète bleue.
   Beaucoup sont conscients, comme Fabien, que le goût d'un vin provient en premier lieu du raisin vendangé. Beaucoup moins nombreux sont ceux qui, comme Fabien, savent ce qu'est un cépage. Mais alors, dès qu'ils ont compris, comme Fabien, que c'est tout simplement l'une des nombreuses sortes de raisin - plus exactement de plants de vigne, ce qui revient au même - dès cet instant, ils rattrapent le temps perdu en se répandant dans tous les cénacles qu'ils fréquentent en allusions répétées aux "cépages" multiples existants. Leur aura va s'en trouver nettement améliorée.
   Par ailleurs, peu ignorent que le sol de la région où pousse la vigne a lui aussi une grande importance dans le caractère du vin. Et sûrement pas Fabien ! Terroirs célébrissimes de Bourgogne, du Bordelais, du Beaujolais... On entend même affirmer que les shistes, ou bien les granits, engendrent des vins très différents de ceux des sols argilo-calcaires. Ah ! ce goût de lave transmis par le basalte des sols... La parole de Fabien s'en repaît. La note de noisette, le goût de civette, la senteur de garrigue, tous ces parfums évoqués, accumulés, finissent par lui tourner la tête. Ou est-ce l'ivresse du paraître ?
   Moins évidente peut-être est la prise en compte du climat ? Après tout, les vignes de Champagne, ou encore celles d'Alsace, connaissent un ciel très éloigné de celui du Bordelais ou de la vallée du Rhône. Mais quand Fabien découvre l'importance de la pluie se manifestant au bon moment, aussi déterminante que l'ardeur du soleil à la veille des vendanges, il a encore enrichi sa conversation viticole. Etalage et vanité ?
   Tendant l'oreille, il apprend ensuite que l'homme joue aussi son rôle par ses connaissances acquises tout au long des siècles, affinant son savoir. Ce qu'entend Fabien c'est essentiellement la voix de Gonzague, l'amoureux urbain des paradoxes. Gonzague n'est jamais seul, environné qu'il est par sa cour, ce qui fait irrémédiablement penser à l'oeil du bovidé accablé de mouches estivales. Fabien devient l'une d'elles, tout naturellement comme sans y penser.
   C'est ainsi qu'il approfondit les nombreux mystères du vin, notamment - ô surprise ! - l'influence du tonneau sur le goût du nectar de la vigne.
   - Si les Romains ont apporté la vigne partout en France, pontifie Gonzague, vigne que les Grecs, les Egyptiens et d'autres, leur avaient léguée, ce sont nos ancêtres les Gaulois qui inventent la futaille ! le tonneau pour remplacer les cuves de terre cuite; ils apportèrent ainsi un progrès décisif pour conserver le vin, le vieillir, le transporter. Opération qui lui confère un arôme supplémentaire. Ah ! ce "boisé", cet avantage (oh, pardon : ce "plus") que détaillent les cavistes.
   Et d'un ton faussement indigné, Gonzague poursuit :
   - On ne voit vraiment pas pourquoi les tonneaux de chêne seraient bénéfiques pas ce goût emprunté au coeur du bois tandis que l'enveloppe protectrice de l'arbre, l'écorce, ce liège souple devenu bouchon, ne saurait transmettre à son tour une saveur bénéfique au vin !
   Ce liège, devenu bouchon, trempé préalablement pendant une heure (surtout pas dans l'eau chaude, horreur !) mais dans un vin ordinaire; ce liège fiché à toute force dans le goulot, baigné par le vin une fois les bouteilles sagement couchées. Avec un peu de chance, une bouteille sur dix... La rareté fait toujours valeur, non ? Ajoutez à cela l'influence des locomotives :
   Ainsi est née la "Confrérie du Vin Bouchonné". Son premier adhérent a pour nom Fabien.
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 15:05
                                                                                                Que ce soit ironie, satire ou parodie, l'humour reste
                                                                    la seule réponse possible aux bobards culottés, pollutions
                                                                    de l'actualité.

   Le Président est entré, un peu énervé, mais ça allait. Il a pris tout le monde de court. Même la Ministre de la Culture en est restée hébétée. "Il n'y aura plus de publicités sur les chaînes publiques." Point à la ligne. Au prétexte que la pub pèserait sur les programmes. D'aucuns croient plutôt que c'est la vanité qui pèse : plastronner en tête de l'audimat...
   La réaction a été immédiate : "Ben voyons, la publicité va se reporter sur les chaînes privées, notamment celle, en difficulté, qui appartient à un mai proche du Président fiévreux."
   Moi, je me suis fait peur. J'ai aussitôt pensé à mon bassin d'audience... excusez-moi, je cherche mon bassin d'audience... "En tout cas, c'est pas ici !" m'a lancé un pince-sans-rire. Comme si c'était le moment de plaisanter. Pour survivre, chacun doit se replier sur ses fondamentaux. D'autant qu'on m'a menacé : "Prononce encore une fois le mot "culture" et tu passes à minuit ! A minuit dix !!"
   A présent, je me rappelle parfaitement qu'au moment de la privatisation de la première chaîne, en 1986, le Ministre de la Culture de l'époque réclamait déjà une diminution de la publicité ( moins 25 %, il demandait et ne me dites pas que c'était en libérer pour la chaîne privatisée !). Certes, il préconisait parallèlement une baisse de la redevance. D'autres, avec lui, élevaient la voix, prédisant : "la privatisation permettra de réduire la même redevance". Là, il faut l'avouer, nous n'avons pas qu'un peu été dépités, que les beaux parleurs auraient du s'en sentir tout racornis.
   Mais j'ai confiance. Déjà, en 1986, il y avait eu un festival d'audaces. Par exemple : "Pourquoi ne pas couper les films par des publicités ?" Braillements, vociférations, hurlements. Aujourd'hui, cela est passé dans les moeurs. J'ai même un ami qui déclare : "Ce que je reproche au cinéma, c'est qu'il n'y a jamais de coupures pour la pub". Cette fois, en 2008, nous renouons avec l'audace : une énième page de publicité par film est projetée. On avance.
   J'entends dire qu'aujourd'hui, plus de 70 % des téléspectateurs de TF1 ne peuvent plus supporter la pub à répétition. Qu'est-ce que ce sondage ? A-t-il bien respecté le code de conduite de la profession ?  Et la morale scientifique, y trouve-t-elle son compte ? Et puis, ainsi que l'écrivait le duc de la Rochefoucauld : "Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d'autrui".
   "La privatisation d'une chaîne, claironnait-on en 86, apprendra aux télévisions la rigueur et l'impartialité. Elle ne peut qu'entraîner un supplément de création. Mieux encore : le libéralisme fera enfin que le téléspectateurs sera maître et arbitre."
   "Spasme idéologique !" s'exclamaient les opposants en s'étranglant de rire.
   Voyons, la privatisation, c'est la modernité.
   Les mêmes qu'au-dessus : "La modernité ? Au XIX° siècle, la modernité c'était les gosses dans la mine !"
   Mais enfin, rendez-vous à l'évidence : 73 % des Français pensaient que les télés privées allaient obliger les service public à devenir plus créatif. 73 % ! Qui a dit qu'on les aurait un peu poussés à croire ça ? Personne, monsieur, personne n'a poussé. Personne.
   C'est cette opinion que le Ministre de la Culture ramassait en une formule célèbre : le "mieux-disant culturel". Vous pouvez rire ! Ce n'est pas parce que les réalités ne furent pas à la hauteur des espoirs que l'on doit abdiquer. L'espoir, c'est la vie...
   Mais non, ce n'est pas un remake de "Ecoutez-moi que je vous enfume". Pas besoin de mentir comme un forcené.
   De l'entrain avant toute chose !
   Et maintenant, place au bonheur...

  
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 17:49
  by Jeroen Hellingman  Les jeux olympiques à peine de achevés, les jeux paralympiques les ont prolongés.
   Et voilà que quelques uns parmi d'autres nous accusent de former une cohue d'écervelés ou une foultitude de têtes de linotte, c'est selon. Oui, ce serait ce que nous sommes : "Mauvais stockage des souvenirs" pour parler comme le corps médical. Ah, nous ne pouvons vraiment pas parler de nos "capacités mnésiques prodigieuses" ! Où a-t-on bien pu fourrer la Charte olympique ? Hein, j'vous l'demande !
   Et pourquoi ces accusations ? Parce que nous répétons à l'envi : "L'important, c'est de participer", comme l'a dit le baron Pierre de Coubertin, le créateur des jeux modernes. Pauvres de nous ! Vous savez ce qu'il a véritablement déclaré ? "L'important, c'est moins de gagner que de prendre part". Ben, ce n'est pas la même chose ? Réponse de certains :
   - Pour monsieur le baron, les Jeux n'étaient pas un but mais un moyen d'imposer le sport à l'école dans chaque pays. Former des caractères par une éducation sportive accessible à tous. Nous sommes en 1894.
   Diable ! Aujourd'hui, l'intention s'est évaporée comme esprit-de-sel. Tel Harpagon devant sa cassette, les nations comptent leurs médailles. Zizanie internationale pour savoir qui en a gagné le plus ! Il y a ceux qui comptent les médailles d'or, il y a ceux qui comptent toutes les médailles, il y a ceux...
   - Notons que la Charte olympique s'est bien gardée de la moindre précision.
   En vertu de quoi, les politiciens comptent de la manière qui les arrange. Pour changer.
   - Que ceux qui croient que la Chine a atteint dans ses écoles les buts de Coubertin lèvent le doigt... Elle a élevé en batterie les gamins les plus doués, sûr ; pour les autres, les petits Chinois ordinaires, bernique ! généraliser la pratique du sport leur paraîtrait aussi fumeux que, pour des Européens, réciter du Confucius.
   Ouaf !
   - Comme vous dites ! Et, connaissez-vous l'article 3 de la Charte ?
   Ah, la Charte, qu'est-ce qu'on a bien fichu de la Charte ? Euh, il dit quoi cet article ?
   - "Les Jeux olympiques réunissent en un concours sincère et impartial des athlètes..."
   "Concours sincère" : c'est bien, ça !
   - Vous ne vous souvenez donc pas des athlètes féminines russes (ou d'Europe de l'Est) ? Elles avaient tellement "mangé" de produits qu'en toute bonne foi on leur donnait du "Bonjour Monsieur". Tout comme cette sprinteuse américaine dont la musculature avait gonglé en quelques mois...
   C'est pas trop joli, vrai.
   - Cela fausse complètement le jeu sportif, oui !
   Misère. L'on ne pourrait pas faire monter les laboratoires pharmaceutiques sur les marches du podium ?
   - Le comité olympique ne semble pas avoir retenu la suggestion.
   Il ne fait aucun effort, le comité, pour démêler l'embrouillement.
   - Malgré que Coubertin ait beaucoup écrit pour exposer ses idées les plus chères. Par exemple : "L'olympisme préconise une éducation sportive généralisée... mêlée aux manifestations esthétiques et littéraires servant de moteur à la vie nationale".
   Ben, on les aura égarées aussi ces manifestations-là, tout comme la Charte...
   - Pardon : elles ont été concrétisées une fois, à Stokholm, en 1912.
   Ca fait pas lerche... euh, je veux dire : c'est pas beaucoup. Elles seront tombées dans l'oubli ; et, évidemment, pas un responsable capable d'anticiper en ordonnant d'obstruer l'oubli.
   - Là, vous embrouillez le démêlement !
   Vous êtes sûr ? En tous cas, la cérémonie d'ouverture des Jeux, ça a été impressionnant, grandiose, monumental.
   - Mais oui : c'est fait pour ça. Le sport apportant une caution morale au pays organisateur (!) A propos de caution morale, savez-vous quand a commencé ce phénomène ? En 1936, au profit des nazis.
   Ouaf !!
   - Vous l'avez déjà dit. Une question encore : qui a inventé le relais de la flamme olympique depuis Olympie, soulignant le lien avec l'Antiquité ? Encore les nazis ! Tout cela renifle la propagande, il ne faut pas être naïf.
   C'est ça que nous sommes, naïfs... trop naïfs ?
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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 15:20

                                                                           Au moins, l'humour, que ce soit la satire ou l'ironie
                                                                         permet de ne pas être complice de ces pollutions en 
                                                                         tous genres de notre actualité...  


La "gouvernance" écrivait par dérision le Père Peinard dans son almanach fameux. Il y en eut un autre, Premier Ministre voici quelques années, qui crut faire américain en relançant l'expression... Quoiqu'il en soit, de nos jours, la... gouvernance a son ministre chargé de la santé publique, non ? Obligé !
   Aussi, en milieu urbain, lorsqu'on entend évoquer une "atmosphère chargée", il y a peu à voir avec l'haleine du même nom et celle du ministre; ce serait plutôt des nombreux polluants dont il s'agit, des polluants attribués en grande partie aux transports. Y compris individuels. Le dit ministre, pense-t-on, cela va l'interloquer...
   En bonne logique, il va se mettre à phosphorer et passer en revue les solutions possibles. Comme mettre en place, dès la cote d'alerte atteinte, un étalement des horaires des grandes administrations.
  Ou contraindre les entreprises à organiser le transport en commun de leurs salariés.
  Ou bien, agrandir la zone bleue à circulation limitée.
  Ou encore, construire à l'entrée des villes suffisamment de parkings afin de pouvoir interdire l'accès aux voitures chargées de moins de trois passagers.
  Ou alors, instituer un péage aux portes des agglomérations.
  Ou, grâce aux plaques minéralogiques (logique !), utiliser un système de circulation alternée : plaques paires les jours pairs et inversement.
  Songe creux !!
  Monsieur Lobby de la Sainte Auto gratte déjà à la porte :
   - Comment cela, réduire le trafic ?! Vous n'y pensez pas !
   Tout aussitôt, des coups violents sur la malheureuse porte précèdent monsieur Lobby du Saint Pétrole :
   - Mon sang n'a fait qu'un tour à l'écoute de votre déclaration. Osée l'hypothèse ! Freiner la consommation, et quoi encore ? Elle progresse depuis combien de dizaines d'années - à l'exception d'une contrariété récente - et cela sans que personne n'y trouve à redire, hein ?
   - Absolument renchérit monsieur Lobby (celui de la Saint Auto), écarlate d'indignation. Personne, vous m'entendez, personne n'a le droit de priver les bruits de la ville de celui du moteur à explosion.
   - S'ils sont gênés les moujingues, les vieux, les asthmatiques, qu'ils restent chez eux, nom d'un petit bonhomme !
   - J'allais le dire ! Enfin, quoi...
   Ainsi est née l'exquise annonce télévisuelle que tous nous connaissons :
   "Avis à la population. Alerte au pic de pollution. Que les personnes âgées, les enfants, les asthmatiques évitent à tout prix de sortir."
   Saletés de populations à risque !!

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 14:37

   Actualité encore. La nouvelle est tombée à la radio un matin : une escapade hors de la centrale nucléaire du Tricastin, de quelques effluents (rejets liquides ou gazeux, on ne sait) vaguement radioactifs s'est produite; l'équipée a traversé l'atmosphère de ce beau pays aux confins de la Provence. Un frisson d'horreur a parcouru la garrigue, les chênes verts se sont recroquevillés et, derrière les cyprès, les autochtones itou!
   Ce que les gens sont frileux...
   Enfin, souvenez-vous de la catastrophe de Tchernobyl: on n'entre pas comme ça dans le pays de Jeanne d'Arc. La France est la fille aînée de l'Eglise, tout de même! Le nuage radioactif s'était arrêté pile à la frontière. Pile. Demandez-donc à Juppé, il était Premier Ministre à l'époque (il est maire de Bordeaux à présent, n'est-ce pas? ce qui prouve que pour, certains, quelque soit leur passé, ils bénéficient de véritables baronnies, non?)
   Las! quelques jours plus tard, à Romans, c'est-à-dire à moins de cent kilomètres à vol d'oiseau, récidive, re-fuite! Soixante quatorze kilos d'uranium dans la rivière! (à moins que ce soit à nouveau au Tricastin...) Il y a des départements marqués. Et à Marcoule? Et à La Hague? Et à...?
   Certains gros malins avancent: "N'allez pas vous étonner avec le nombre de centrales nucléaires érigées sur votre sol, vous n'avez pas fini d'écoper!". Moi, je dis tout dépend de ce qu'en a su l'opinion publique. Parce que, attention: le nucléaire est une industrie, or qui peut dire qu'il n'y aura pas d'accident industriel? S'il n'est pas rendu public, c'est un non-évènement. Et, pour en revenir à Tchernobyl, les fameux "liquidateurs" ne sont pas morts tout de suite. Ne dit-on pas qu'il faut laisser du temps au temps...?  
     Evidemment, les mêmes gros malins évoquent le transport des déchets contaminés. Voyez-vous ça: la France traversée par nombre de convois spéciaux hyper-dangereux... Est-ce que vous avez déjà entendu parler d'un accident? "Non", répondent-ils, pous aussitôt passer à l'argument suivant, hurlé: "De plus en plus de combustibles irradiés doivent être retraités, c'est la politique du fait accompli!". Certes, les usines de retraitement engendrent - elles aussi - des déchets radioactifs; mais, une fois l'uranium et le plutonium récupérés, ces déchets sont conditionnés: vitrifiés, enrobés de ciment, de résine, de bitume, de je-ne-sais-quoi encore.
   - "Et comment s'en débarrasser? Mon vieux, c'est comme le glu!"
   Plaît-il? de la glu? mais pas du tout, nous allons simplement les stocker dans un sous-sol compatible. 
   - "Ah oui, comme dans cette ancienne mine de sel par exemple? Et v'là que le sol bouge, l'eau s'en vient lécher le millier de fûts radioactifs et ensuite, fiche son camp dans la nappe phréatique!".
   Pfff... ces déchets, nous allons les stocker, on vous dit, en profondeur dans des formations géologiques adaptées au confinement.
   - "Ca oui, et pour certains pendant au moins quelques siècles, voiredes dizaines de milliers d'années! C'est comme si les anciens Egyptiens nous avaient légué des saloperies toxiques. Aujourd'hui, cinq mille ans plus tard, on n'aurait pas encore traversé la moitié de la période dangereuse... Merci Khéops!! Cela s'appelle refiler le bébé aux générations futures."
Que me chante-t-il, celui-là, avec son bébé, ses... ses générations futures? Avant toute chose, il faut bien voir que la surveillance va créer des emplois.
   - "Avec quelle espérance de vie?"
   Je vous en prie! Vous ne prêtez pas assez attention à ce que dit l'Autorité de Sûreté Nucléaire: il ne saurait y avoir d'anomalie que de niveau 1, toute eau contaminée ne l'est que "faiblement"; tout cela n'est que broutilles comme "dépassement de température maximale autorisée", "défaut de contrôle", "consignes d'exploitation non respectées", "mauvais tarage de soupape"...
   - "Ouais, par exemple l'essai de fonctionnement oublié avant le démarrage d'un réacteur"
   C'est typiquement de la névrose obsessionnelle? C'est d'un pénible!
   - "La vérité oblige à dire qu'à surveiller des kilomètres de tuyaux, des foultitudes de robinets, de vannes, de boulons, l'oeil se trouble..."
   Saperlotte! quand on a lancé le nucléaire dans ce pays, personne, mais alors personne, ne parlait du principe de précaution! D'ailleurs, aujourd'hui, le gouvernement aurait décidé la distribution de tablettes d'iode aux populations voisines des centrales nucléaires, dans un rayon de cinq kilomètres. Ca baigne.
  - "Dans l'eau contaminée ?"
   (Cri de rage) : Ils n'ont aucun sens du progrès, ces gens-là !






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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 17:07

Il en flotte encore quelques images précises dans nos mémoires un mois après.
Tour de France, tour de force, tour de farce disent certains, tour de magiciens escamotant la folle dope ?
Ecoutez donc la voix propagandiste du talentueux Antoine Blondin:
"Ces fenêtres sur Tour qui ne s'ouvrent que sur nous-mêmes plongent vers le passé, et si l'évènement ne s'applique pas à nous arracher à la douceur des réminiscences, nous aimons à nous accouder au balcon des légendes."
Qui peut se contenter de quotidienneté ?
"On ne repeuple pas la fameuse casse déserte sans convoquer la sihouette prestigieuse de Louison Bobet à travers le col de l'Izoard... Les ombres ennemies et fraternelles de Bartali et Coppi croisent encore dans l'ascension du Galibier... Ainsi, peu à peu, chaque détour de la route, chaque lacet de la montagne finissent par rappeler l'écho d'un exploit."
Dans ces phrases au style superbe, mon paternel m'avouait retrouver le souffle de l'épopée des Tours d'avant-guerre décrits par son propre père. Grandeur de l'homme qui se surpasse, sens de l'effort, ténacité, goût du risque.
"Il y a plus de teinture d'iode que de maillot jaune dans la panoplie du champion cycliste et le corps du coureur est un étrange et douloureux laboratoire".
Admiration sans limites pour ces "forçats de la route", consentants! Demi-dieux aux yeux de gamins... éternels.
"L'ivresse, avoue lui-même le suiveur, l'ivresse d'appartenir à un grand système qui vous dépasse". "La petite histoire que nous introduisons dans toute cette géographie est bien savoureuse". Déclaration d'amour. Déclaration d'amour pour cette formidable aventure, cette dramaturgie naturelle où, aux exploits surhumains répondent en écho les drames les plus poignants!
"Le plus grand cycliste sur route que la Grande-Bretagne ait connu est mort, hier soir, d'un coup de ce soleil où il s'était fait une place. Tom Simpson avait été champion du monde après avoir introduit la panique dans le cérémonial cycliste à force d'aller trop ardemment au-devant des dieux".
N'est-il pas transcendé notre misérable quatidien?
Aussi bien, qu'est-ce que ce dialogue incongru rapporté par Albert Londres, célèbre journaliste qui se vantait de "mettre le doigt sur la plaie":
"- Vous n'avez pas idée de ce qu'est le Tour de France, dit Henri (Pélissier); c'est un calvaire. Et encore, le chemin de croix n'avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze. Nous souffrons sur la route; mais voulez-vous voir comment nous marchons? Tenez...
De son sac, il sort une fiole.
- Ca, c'est de la cocaïne pour les yeux, et ça, du chloroforme pour les gencives...
- Ca, dit Ville (un autre coureur), vidant sa musette, c'est de la pommade pour ma réchauffer les genoux.
- Et des pilules? Voulez-vous voir des pilules?
Ils en sortent trois boîtes chacun.
- Bref, dit Francis (Pélissier), nous marchons à la dynamite." Invraisemblable! Ecoutez plutôt la musique du grand Blondin:
- "... je posais pour la première fois une main sur l'épaule d'un athlète en train de sangloter, un Grand de ce monde échoué aux lisières des champs; il est pourtant des soirs, comme ce soir, où je souhaiterais que tous les coureurs abandonnent, que les klaxons se taisent, que les journaux ne paraissent plus... le Prince est descendu dans la rue".
Je suis envahi d'une immense tristesse mais en même temps d'un intense besoin d'aimer; je me sens béatement heureux, sourd au monde extérieur. Loin, très loin de ces rumeurs de seringues, de calendriers de prises de substances mystérieuses, de soigneur pincé dans sa voiture au coffre bourré de provisions énigmatiques. Les coureurs professionnels n'ont pas le droit de se soigner peut-être?
Parler de produits de plus en plus "pointus", n'est-ce pas faire allusion, avec une certaine perversité, aux... aiguilles des soigneurs? Je suis écoeuré!
Et je ne suis pas seul, je suis des millions. Fidèles amassés au bord des routes, "une humanité chavirée d'héroïsme et de coups de soleil". Est-ce qu'on déglingue l'image du Père Noël au pied du sapin, le matin du 25 décembre?

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 16:50

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